
Midi Libre - 29/06/2022
L'affaire Padawan, ce chat abbatu, à nouveau devant le tribunal
Depuis un an, c'est Me Isabelle Gharbi-Terrin qui porte la voie de sa cliente, la propriétaire de Padawan, devant la justice. Cette avocate du barreau de Marseille qui se consacre désormais à la défense des animaux, n’hésite pas à dire qu'elle est « l’avocate de Padawan avant tout. Je défends l'animal, comme s'il était humain. »
Ce chat, âgé de 2 ans, a trouvé la mort en juillet 2021, à Saint-Rome-de-Cernon, après s’être retrouvé prisonnier dans un piège posé pour protéger des poules chez le voisin et avoir été tué de plusieurs coups de carabine à plombs.
En date du 4 novembre 2021, une ordonnance pénale rendue par le tribunal correctionnel de Rodez, a reconnu coupable et condamné le prévenu, un retraité âgé de 87 ans, à 400 € d'amende.
Une peine « trop faible » pour l'accusation qui a décidé à nouveau de porter l'affaire devant le tribunal et réclamer des intérêts civils.
C'est donc devant la juridiction du Sud-Aveyron que le dossier a été jugé. « Un dossier peu commun car il est très rare que les victimes fassent opposition à une ordonnance pénale, a rappelé d'emblée Me Lolita Rispal, avocate à Millau, plaidant en remplacement de Me Terrin.
Elle a également statué sur les intérêts civils. Le prévenu a été condamné à payer à la propriétaire 300 € au titre des dommages et intérêts en réparation du préjudice moral ainsi qu'à 50 € pour le préjudice financier. Une somme faible et dérisoire. »
Devant la présidente du tribunal, le conseil a regretté que la mort de Padawan, une affaire « d'acte de cruauté envers un animal, ait été traitée par une ordonnance pénale, sans plaidoirie, sans échange, occasionnant un côté frustrant à cette procédure accélérée et expéditive. Au moins qu'il y ait une peine financière qui soit significative et correspondant aux jurisprudences d'autres cours versées au dossier. »
Le prévenu n'était pas présent à l'audience. Si la mort de Padawan ne peut plus être rejugée sur un plan pénal, la juridiction civile peut être en revanche saisie.
Padawan était âgé de 2 ans au moment de sa tragique disparition. « Tous les membres de la famille dont trois enfants avaient forcément un fort lien avec cet animal domestique. »
En juillet 2021, les pérégrinations du chat l'avaient conduit sur les terres du voisin. « Il avait à plusieurs reprises interpellé le voisinage ne voulant pas d'animaux étrangers sur sa propriété et qu'il prendrait les mesures nécessaires », rappelle Me Rispal n'hésitant pas à parler « d'acharnement ».
Et de demander 1 500 € pour le préjudice moral se basant sur le jugement de la cour d'appel de Poitiers où chaque membre de la famille s'est vu attribuer cette somme ainsi qu'un préjudice financier à hauteur de 54 €.
« Surmonter la perte de son animal n'est pas une chose évidente. Il n'est pas mort naturellement. Le prévenu doit comprendre les conséquences de son acte. Il faut une réponse forte de la juridiction. »